Le populisme et la politique mortelle aux Philippines – 4 mars 2018

Le populisme et la politique mortelle aux Philippines – 4 mars 2018

Update:

Duterte retire son pays de la Cour pénale internationale

Le président philippin Rodrigo Duterte retirera son pays de la Cour pénale internationale. La décision de M. Duterte est intervenue après le lancement, par la Cour, d’un examen préliminaire des crimes contre l’humanité commis dans le cadre de la campagne antidrogue menée par le président.

Cet examen portera sur les allégations concernant des crimes commis depuis le 1er juillet 2016, dont des allégations de « meurtres extrajudiciaires » commis par la police durant des opérations de lutte contre le trafic de drogue.

Le régime Duterte a déjà fait des milliers de victimes. Le gouvernement prétend que 4 000 personnes ont été tuées. Toutefois, selon Carlos Conde, chercheur philippin de l’organisme Human Rights Watch, les estimations de plusieurs ONG et médias d’information font état d’un bilan d’environ 12 000 morts.

Dans sa lettre officielle annonçant le retrait du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, la Délégation des Philippines auprès des Nations Unies prétend que « Le gouvernement demeure déterminée à s’acquitter de sa responsabilité première d’assurer la sécurité à long terme de la nation afin de promouvoir un dévéloppement national inclusif et d’offrir à tous des conditions de vie dignes. »

D’après M. Duterte, les Philippines n’ont jamais adhéré convenablement au Statut de Rome pusique ce dernier n’a jamais été publié ni dans le journal officiel du pays, ni dans un journal largement diffusé aux Philippines. En outre, le Bureau des communications de la Présidence qualifie l’examen de la CPI d' « atteinte au principe de complémentarité » en vertu duquel la CPI peut poursuivre les auteurs de crimes seulement lorsque les tribunaux nationaux ne peuvent ou ne veulent pas le faire.

La CPI affirme que ce retrait n’aura aucune incidence sur son examen. Elle maintient que « la Cour reste compétente pour poursuivre les responsables de crimes pendant la période durant laquelle l’État était partie au Statut, et elle peut exercer cette compétence même après l’entrée vigueur de la révocation. »

Le populisme et la politique mortelle aux Philippines – 4 mars 2018

Cette semaine, à l’émission Perspective : Le populisme et la politique mortelle aux Philippines

Chercheur sur les Philippines auprès de la division Asie de Human Rights Watch, Carlos Conde souligne les violations généralisées des droits humains aux Philippines depuis que le président Rodrigo Duterte a déclaré la guerre aux trafiquants de drogue.

Photographe et journaliste à Manille, Eloisa Lopez fait part de ses expériences lors de la couverture de cette guerre.

Érudit, conseiller en matière de politique, Richard Heydarian est l’auteur de « Duterte: A Populist Revolt Against Elite Democracy ». Il aborde les répercussions tentaculaires des politiques du président Duterte à l’échelle du pays et de la région.

Chroniqueur au site web « Get Real Philippines », Benedict Ignacio fait valoir que les actions de R. Duterte sont tout simplement le reflet des souhaits des Philippins qui l’ont porté à la tête du pays.