Les influenceurs et les créateurs de contenu transforment le paysage informationnel




Pour plus de fluidité : Selon un rapport publié en avril 2025 par Pol Comm, un groupe de recherche universitaire de l'Université d'Ottawa, 78 % des jeunes de 15 à 30 ans suivent un influenceur ou une influenceuse. Toutes catégories démographiques confondues, la population canadienne sollicite désormais les créateurs de contenu sur Instagram, TikTok et YouTube pour s'informer, qu'il s'agisse de découvrir des produits, de suivre l'actualité ou de se renseigner sur les débats politiques. La multiplication d'influenceurs, de créateurs de contenu et de leurs abonnés sur les réseaux sociaux bouleverse l'écosystème de l'information.

La société d'analyse Nielsen Canada a rapporté en septembre 2025 qu'il y avait plus de 882 000 influenceurs actifs au Canada.

  • 64 % des influenceurs Instagram sont des femmes.
  • 62 % des influenceurs TikTok ont moins de 25 ans.
  • 78 % des influenceurs YouTube sont des hommes de moins de 35 ans.

Selon le l'Oxford Dictionary, le mot influenceur remonte au milieu du XVIIe siècle pour désigner une personne dotée d'une autorité spirituelle. Aujourd'hui, il qualifie principalement les personnes ayant rassemblé une large communauté sur les plateformes de réseaux sociaux.

Demandez aujourd'hui à de nombreux étudiants ce qu'ils aimeraient faire lorsqu'ils auront fini leurs études, et le refrain habituel est. Je veux être influenceur. Et qui peut être influenceur ? La technologie de notre monde hyperconnecté permet à n'importe qui possédant un téléphone portable et une connexion Internet de devenir influenceur. Les spécialistes du marketing recrutent des influenceurs en fonction de la taille de leur auditoire, de leur profil démographique ou de leur situation géographique. Il existe différents niveaux d'influenceurs : les nano-influenceurs ont moins de 10 000 abonnés, les micro-influenceurs ont un auditoire à six chiffres et les influenceurs célébrités ont une portée qui peut grimper à des millions d'abonnés.

Pour les influenceurs qui font la promotion de produits, les gains financiers peuvent être considérables. Le numéro d'octobre du Journal of Business Research rapporte que le marché mondial de la publicité par les influenceurs devrait dépasser les 80 milliards de dollars d'ici 2030 (Statista, 2025). Alors que les influenceurs ayant moins d'abonnés gagnent en moyenne 60 000 $ canadiens par an, les micro-influenceurs et les célébrités gagnent généralement plus de 200 000 $.

Connu sous le nom de @thisguyabdullah sur les réseaux sociaux, Abdullah Zaidi est un influenceur à plein temps rencontre un franc succès en publiant des vidéos divertissantes pour diverses marques. Suivi par 1,2 million d'abonnés sur TikTok et plus de 700 000 sur Instagram, Zaidi reconnaît qu'un tel succès s'accompagne d'une responsabilité : celle d'utiliser sa tribune pour aborder certains enjeux.

J'ai l'impression qu'une énergie considérable est on dépense beaucoup d'énergie dans les commentaires déployée dans les commentaires pour inciter les influenceurs et les célébrités à prendre position », a confié M. Zaidi à CPAC. Refusant de se prêter au jeu, il a précisé qu'il ne souhaitait pas devenir un influenceur politique. Je pense que les prises de parole publiques peuvent parfois causer d'importants dégâts.

Créateur de contenu politique depuis cinq ans, Frank Domenic décrypte l'actualité et les grands événements politiques.

Je m'exprime une minute ou 90 secondes, et c'est terminé. Inutile de m'accorder une demi-heure d'antenne : nous sommes à l'ère du numérique et de la diffusion en continu. Les réseaux sociaux ont rendu l'information traditionnelle beaucoup plus difficile à digérer, a déclaré Domenic.

Aujourd'hui, les consommateurs — y compris d'actualités et de contenus politiques — accordent une confiance grandissante aux influenceurs comme sources d'information. Elizabeth Dubois, titulaire de la chaire de recherche en communication politique à l'Université d'Ottawa, affirme que même si les journalistes et les organisations médiatiques conservent un rôle essentiel, la confiance des consommateurs envers les influenceurs bouscule la production et la diffusion de l'information.

La couverture journalistique demeure essentielle : de larges pans de la population en dépendent encore presque exclusivement, loin de l'influence des réseaux sociaux », a déclaré Mme Dubois. Toutefois, pour les jeunes, ces créateurs de contenu font partie du quotidien. Il faut donc étudier et de comprendre comment l'environnement informationnel est en train d'évoluer et de se transformer.

Aengus Bridgman, professeur adjoint à l'École de politiques publiques Max Bell de l'Université McGill à Montréal affirme que la montée en puissance des influenceurs dans l'écosystème politique et de l'information a « de lourdes conséquences pour toutes sortes de raisons.

Les médias sont responsables de ce qu'ils diffusent. Leurs équipes savent qu'ils doivent respecter un ensemble d'obligations déontologiques strictes: respecter les faits, faire preuve de rigueur, citer leurs sources et exercer un devoir de diligence. C'est l'essence même du métier, explique Bridgman. Les influenceurs, eux, en sont totalement exempts.

Au cours des prochains mois, CPAC diffusera une série en huit épisodes portant sur notre écosystème de l'information. Le deuxième épisode, intitulé. Le deuxième épisode, intitulé « L'essor des influenceurs et de la nouvelle royauté » sera diffusé le 10 octobre, à 18 h 30 HE, et le 11 octobre à 17 h 30 HE et 21 h 30 HE.

À voir, à CPAC.

Ce projet a été rendu possible en partie grâce au gouvernement du Canada.